Sunday, November 18, 2007

Iraqiens à Seattle

Parmi mes nombreuses activités à Seattle : apprendre à compter des M&Ms et calculer les probabilités d'obtenir un M&M rouge - d'ailleurs grâce à ce cours de statistiques j'ai vu que les Americains ne faisaient pas la distinction entre M&M et Smarties.... ; dessiner avec les prisonniers ; enseigner le passif à des étudiants éberlués que "la gazelle est mangée par le lion" ce soit du présent - et moi d'autant plus éberluée que c'est pareil en anglais ; me disputer à la fin d'une conférence sur le multiculturalisme en France avec une vieille pied-noir du Maroc arrivée à Seattle en 1954 et qui m'a dit que si l'islam continuait à se répandre en France on aurait des filles brûlées par leurs frères jaloux chaque jour de la semaine ; admirer la représentation de la Compagnie de danse La Baraka (dont la venue fut la cause de cette conférence sur le multiculturalisme) et le gracieux mélange danse classique-hip hop, le tout sur les ondulations de la musique orientale... Bref, parmi tout ça j'ai encore trouvé le temps de paser la journée de samedi avec la famille Kmeir, des Iraqiens de Bagdad arrivés à Seattle il y a trois semaines; il étaient réfugiés en Syrie depuis déjà 3 ans; suite aux persécution dont leur communauté religieuse faisait l'objet: sabéens, ils vénèrent Saint Jean Baptiste mais ne sont ni vraiment chrétiens ni vraiment musulmans. Je ne sais pas grand chose de leur histoire personnelle, je suis avec eux pour les aider à s'installer et pour leur apprendre un peu d'anglais: alors on a passé l'après-midi à répéter "who is it?"- "this is my brother" - "what is your brother's name" - "Do you like chocolate ? And your father, he likes chocolate?" - who is it? This is my son. How old is he ? - mmm sita'acher: bon il faudra apprendre les chiffres la prochaine fois... Je transpose mes cours de français en anglais, c'est vraiment de l'immersion totale. Seule la mère parle un peu anglais. Heureusement ils ont un voisin, Hayder, qui est aussi Iraqien, arrivé il y a trois mois. Et il parle bien anglais, lui: il était interprète pour l'armée américaine avant d'être blessé, évacué à Amman, puis accueilli aux Etats-Unis. Hayder comme la famille Kmeir disent qu'ils rentreront en Iraq, dès que la situation sera stqbilisée. Abou Marwan, le père, me dit qu'avec la situation actuelle, ce n'est pas leur pays, l'Iraq n'est pas reconnaissable; quand il y avait Saddam, que Dieu ait son âme, on vivait en paix. Silence. Puis nous passons à des sujets plus joyeux lorsque la mère apporte le déjeuner: du poisson grillé. Hayder et Abou Marwan entreprennent de m'expliquer que personne ne sait cuisiner le poisson comme les Iraqiens: l'Iraq est le pays où on mange le mieux. La preuve: le nombre d'Iraqiens qui portent la bedaine (Abou Marwan tape sur son ventre pour me montrer qu'il est bien nourri), et le nombre de restaurants iraqiens qui font fortune à Damas depuis l'arrivée de leurs propriétaires comme réfugiés. Abou Marwan était orfèvre à Bagdad, mais il aimerait bien ouvrir un restaurant aux Etats-Unis.

Thursday, November 08, 2007

Waterboarding and homelessness

Aujourd'hui le Congrès américain a confirmé la nomination de Michael Mukasey comme "attorney general", équivalent local de ministre de la justice, ou plutôt, sous l'administration Bush, ministre de la torture et de la détention illimitée sans procès. Mukasey remplace Alberto Gonzales, valet de président embrouillé dans des affaires troubles de révocation abusive de procureurs fédéraux, révocations sur lesquelles il a été incapable de s'expliquer car il ne "se souvenait pas" d'avoir pris la décision, pourtant il est formel, c'est bien lui qui a pris la décision. Typique du style à la mode en ce moment. Comme Bush qui, à un journaliste qui lui demande sa définition de la torture, répond que c'est écrit dans la loi (voir Le Monde du 20 octobre: Dans sa conférence de presse, mercredi, M. Bush a été interrogé sur la torture. « Quelle est votre définition du mot torture », a demandé un journaliste. « De quoi ? » a sursauté le président. « Le mot torture, quelle est votre définition ? », a répété le journaliste. « C'est défini dans la loi des Etats-Unis - et nous ne torturons pas », a assuré le président. Mais « votre définition à vous ? » a insisté le journaliste. « Quoi que ce soit qui figure dans la loi », a rétorqué M. Bush. )
La torture, justement. Mukasey, en qui tout le monde voulait voir un juge intègre, respectueux des lois et éloigné des manoeuvres politiques, a justifié le simulacre de noyade (waterboarding) comme une méthode d'interrogatoire légitime, qui ne constitue pas une forme de torture - d'ailleurs puisque ceci est pratiqué par les Etats-Unis, ce n'est pas de la torture: on ne torture pas aux Etats-Unis, c'est interdit par la loi. Vous n'imaginez pas à quel point le syllogisme perverti est devenu commun dans le discours politique. Vous connaissez l'histoire du gruyère ? Dans le gruyère il ya des trous; plus il y a de gruyère, plus il y a de trous; mais plus il y a de trous, moins il y a de gruyère; donc plus il y a de gruyère moins il y a de gruyère....
Bref l'autre info du jour, trouvée dans le New York Times, c'est ce reportage sur les vétérans de la guerre en Iraq qui, complètement déconnectés de la vie quotidienne américaine à la fois sur le plan psychologique et sur le plan socio-économique, commencent à arriver en masse dans les foyers de sans-abris, au point que la situation devient alarmante. Selon une association basée à Seattle, les vétérans qui constituent 11% de la population représentent 26% des sans-abris dans le pays, et le phénomène paraîtrait encore plus accentué pour les vétérans d'Iraq. D'après un autre article du NYT, édito sur les lacunes de la couverture maladie pour les vétérans (Malgré le recul du nombre de vétérans dans la population active, le nombre des vétérans non-assurés a augmenté de 290 000 entre 2000 et 2004, du fait d'une érosion continue de la couverture maladie garantie par l'employeur, et d'un resserrement des critères d'éligibilité à la couverture spéciale pour les vétérans.
Fin de la revue de presse. J'aime ce pays malgré tout... ce matin les arbres du parc Ravenna, véritable forêt que je traverse sur mon chemin vers l'université, s'éveillaient à peine, encore enveloppés de leurs draps de brouillard, et sitôt le voile levé, les montagnes apparurent dans le scintillement du lac. Seattle est la plus belle ville du monde; lorsque le soleil surprend sa pudeur et la révèle hors des brumes.

Tuesday, November 06, 2007

Planter des arbres et des poèmes pour sauver la planète

Week end bien chargé. Samedi, je suis allée planter des arbres dans un parc de Seattle, une vraie forêt en plein centre ville. C'était le Earthcorps day, le jour des volontaires de la terre. Alors il y avait plein de jeunes et de moins jeunes, tous avec un joli t-shirt et un café offert par Starbucks; il y avait même le maire et un congressman qui ont fait un discours galvanisant nous disant que nous étions l'avenir du monde; que chaque arbre que nous plantions absorbera une tonne de dioxyde de carbone dans sa vie et que c'est avec les gouttes d'eau qu'on fait l'océan. Alors nous avons tous retroussés nos manches, très enthousiastes d'autant que, pour une fois, il ne pleuvait pas et il faisait même assez doux... et nous avons planté des arbres et arraché du lierre, nous arrêtant de temps à autre pour admirer la pluie de feuilles colorées qui nous tombait du ciel à la moindre brise.

Dimanche, c'était la version activisme contre la guerre en Iraq. Invitée par ma copine Amel qui connaît à peu près tous les Arabes et pro-Arabes de la région, je suis allée à un déjeuner d'activistes à Olympia, où étaient invités Dahr Jemail, un journaliste américain auteur d'un livre édifiant sur les premiers mois de la guerre en Iraq, et Souhair Hammad, poète américaine d'origine palestinienne, une femme absolument extraordinaire (extrait sur youtube). Avant d'assister à leur intervention en public, nous avons discuté de l'activisme aux Etats-Unis, des risques de guerre en Iran (risques très sérieux et en même temps complètement absurdes compte-tenu de l'état de l'armée et de l'économie américaine), des manières de mobiliser les foules via la culture populaire (c'est le rayon de Souhair Hammad; diva du slam) et du rôle des vétérans.
Après tout ce bouillonnement il a bien fallu que je rentre à Seattle et à mes occupations quotidiennes... mais j'ai décidé de faire partager davantage mes informations sur internet, pour que les gens sachent au moins... Alors voici un extrait, traduit par mes soins, du bouquin de Dahr Jamail "Beyond the green zone: Dispatches from an unembedded journalist in occupied Iraq"
p:62, à Baghdad, décembre 2003, devant une école bouclée par l'armée américaine.

"Plus près de l'école, nous avons croisé trois Humvees équipées de haut-parleurs: Un traducteur iraqien donnait des instructions à la foule rassemblée devant l'école : " vous ne devez pas participer à la manifestation qui aura lieu ici demain ! Dispersez vous et allez-vous en ! "
J'ai finalement appris ce qui se passait par un soldat américain du Wisconsin, qui a demandé l'anonymat. "Apparemment quelques élèves de l'école ont tenu une manifestation pro-Saddam hier et la police iraqienne était là pour attraper les gamins qui jetaient des pierres sur la patrouille [americaine] qui passait. A part cela, ce n'était pas violent, personne n'a été blessé". J'ai demandé s'il y avait eu des coups de feu. "Non; quelques enfants jetaient des pierres; c'est tout." J'ai poussé encore mes questions, demandant s'il savait quels enfants je pouvais interroger à propos de la veille.
"Quelques policiers iraqiens ont pris des photos hier. Ils sont dans l'école en ce moment pour identifier les enfants sur les photos". Je fus stupéfait par sa réponse, et par le fait que les soldats américains soient impliqués dans la détention d'écoliers. "Quiconque se pose contre les intérêts américains ici sera arrêté."

Et Souhair Hammad: http://www.youtube.com/watch?v=LFbE8RBhSDw

Saturday, October 27, 2007

Anti-War Rally in Seattle




Le titre de ce message est volontairement en anglais, pour que les gens puissent accéder aux photos viq google. Une manière de rendre hommage à ces Américains courageux qui descendent dans les rues pour manifester contre la politique criminelle de leur gouvernement. Des manifestations étaient organisées ce samedi dans une dizaine de villes des Etats-Unis. Les coalitions contre la guerre de Seattle réunissaient une variété de gens, depuis les vétérans pour la paix jusqu'aux anarchistes en noir; en passant par tout le spectre politique des socialistes aux démocrates; ils ont bénéficié d'un renfort massif de leurs voisins de l'Oregon (Code Pink Women de Eugene; Unitarian Church of Oregon; Students for a Democratic Society de Portland). Je remarquais quand meme que la foule avait bien, en moyenne, dans les 40-50 ans, formée aux manifs contre la guerre du Viet Nam sans doute; et était aussi très blanche.




Ce qui faisait un contraste frappant avec les quartiers que nous traversions, quartiers populaires du centre-ville (rappelez-vous que la géographie urbaine des Etats-Unis est inversée par rapport au modèle parisien: les quartiers de centre ville tendent à être plus pauvres): blacks en baggy nous regardant dubitativement depuis le pas de la porte, et plus loin le quartier asiatique, où nous recevions parfois des signes de la main à travers la vitrine des restaurants, pour nous encourager. Autre chose intéressante: les flics. Toutes espèces possibles: en voiture Starsky et Hutch; en Harley (oui je vous jure, des vraies Harley Davidson !) avec des flics bedonnants dessus de préférence; puis les sportifs en vtt noirs et short noir, avec la pochette spéciale anti-émeute accrochée au vélo; et enfin les flics à cheval, qui vraiment font peur alors je suis pas restée à côté longtemps. Dans les slogans, des mots contre la guerre, pour ramener les troupes à la maison, et beaucoup de paroles contre Bush et Cheney, menteurs et criminels contre qui il prendre une mesure d'impeachment (qui entre nous, vu l'audacité des démocrates du congrès, ne risque pas d'arriver de sitôt... ). Mais les gens avec qui j'ai parlé avaient bon espoir: le mouvement d'opposition à la guerre se réorganise, il est de plus en plus fort et les manifs vont être de plus en plus fréquentes.





Sur les photos
- Un beau mannequin de l'Iraq qui pleure ses morts
- Une émouvante exposition des chaussures des soldats de l'Oregon morts en Iraq
- Bush, Cheney et Condi en prisonniers
-Une confrontation entre trois téméraires "pro war" et les manifestants, sous l'oeil vigilant de la police
- les femmes de Code Pink qui ont aussi lancé une campagne pour contrer les projets de guerre en Iran (http://www.codepink4peace.org/)



Thursday, October 25, 2007

des trucs typiques



Pour mon anniv, j'ai reçu de mes potes Joel et Traci des cadeaux typiquements américains que je vous laisse savourer...
Et puis j'ai sacrifié à la tradition d'Halloween aussi...

Wednesday, October 17, 2007

tant de choses...

... que je ne sais pas par où commencer et je repousse l'écriture de ce message depuis longtemps: il faudrait raconter la prison; ma découverte des statistiques (horrible en ce moment : après avoir passé l'excitation de savoir programmer des graphiques sur le logiciel ésotérique "R", j'en suis maintenant aux probabilités, dans des abîmes de perplexité qu'il me faudra probablement un certain temps pour lever...); et je dois aussi vous tenir au courant de l'actualité politique locale, que je ne suis plus que via le Daily Show, équivalent local des guignols, qui souvent resse,ble à un bétisier quotidiennement alimenté par le très talentueux locataire de la Maison Blanche - allez; une perle : "Childrens do learn", prononcé à l'occasion d'un discours sur l'éducation (pour ceux dont l'anglais n'est qu'approximatif, comme un certain Georges W., je rappelle que children est déjà du pluriel donc ne prend pas de s... en vengeance à ceux qui se sont moqués de lui sur ce point, ledit président a décidé de mettre son veto à une loi qui instaurait l'assurance maladie pour les enfants pauvres, parce que les assurances privées c'est mieux ; donc les enfants pauvres n'ont qu'à aller travailler à la mine, comme ça ils pourront se faire soigner leur silicose....); et puis l'organisation de la réponse à "Islamofascism Awareness Week", un événement sympathique destiné à convaincre les Américians que les musulmans sont méchants donc il faut leur envoyer des bombes sur la gueule, meme si ça coûte drôlement plus cher que la sécu pour les gosses - et d'ailleurs je le vois bien sur ma fiche de paie maintenant que je ne bénéficie plus de la convention France-USA de dispense de taxe... qui a dit qu'il n'y avait pas d'impôts aux states ?? Mais ce qui m'a décidé à écrire, aujourd'hui, c'est un sujet plus important... une belle video trouvée sur le site du NYT:
http://video.on.nytimes.com/?fr_story=8e9862a9f3a8216027ef2f9ecd1c3bc5345b4134

Sunday, October 07, 2007

la Syrie à Seattle


Bonjour les amis. Je n'ai pas écrit depuis longtemps, la rentrée, mes conflits avec keybank (que je vous conseille vivement d'éviter, ce sont des vrais voleurs), mes tergiversations autour de l'acquisition d'un téléphone portable (ce qui est fait finalement, vous pouvez m'appeler dessus: les compagnies de téléphone américaines sont une vraie mafia dédiée au dépouillage des malheureux citoyens - on paie même pour les appels reçus !!!- mais elles présentent l'avantage de ne pas surtaxer les appels), mes négociations avec la compagnie d'électricité pour avoir une facture en avance pour prouver ma résidence et faire mon permis de conduire) - bref. Et surtout j'ai eu la visite de mon amie Silva, venue de Syrie pour rendre visite à son frère à Philadelphie, finalement elle s'ennuyait avec lui alors elle est venue chez moi à Seattle - du coup elle a appris l'anglais en deux temps trois mouvements, c'était impressionnant ! On a visité Seattle, je l'ai emmenée dans la montagne, dans les bars, à l'université... bref c'était cool. Ce fut l'occasion aussi d'intéressantes confrontations entre les Etats)Unis et la Syrie, qui soudain apparaissait sous les traits d'une séduisante jeune fille, tout en douceur et sourires, et ses longs cheveux noirs au vent... Silva est restée dix jours, puis elle a du repartie à Philadelphie, me disant à l'aéroport qu'elle avait l'impression d'être Cendrillon à la fin du bal...

Saturday, September 15, 2007

back in Seattle



Après une brève escale à Paris, me voici de retour à Seattle, et le titre de mon blog reprend tout son sens...
Pour commencer, voici mon adresse
1028, NE 69th Street
Seattle WA 98115
USA
et voici une petite idée de l'endroit absolument paradisiaque où je vis. oui c'est une maison; avec terrasse ET jardin ET fleurs devant. Il y a Cody, Birch (un copain de Cody qui est un merveilleux musicien de jazz) moi et Miles, le chat (lui aussi un peu jazzman, dans le style). Vous noterez sur l'image non truquée le charmant jeune homme avec qui je vis et les "French toast" (mûres du jardin et fraises) au premier plan qui sont l'oeuvre de ses tendres mains...

pour l'instant je me remets de mon décalage horaire et je me bats avec Cody sur les couleurs pour repeindre la chambre...

Wednesday, August 22, 2007

Damas, Hama, Sayda Zaynab

-- voilà, j'ai ajouté des photos...


Je mettrai des photos, promis, mais aucune photo ne pourra rendre l'atmosphere de la rue qui mene de la mosquee des Omeyyades à Bab Touma, et du cafe Nofara ou l'on s'assied pour "boire" la chicha pendant des heures (en arabe en effet la chicha se boit plutot qu'elle ne se fume, a cause des glouglous de la fumee qui passe dans l'eau...). - la foule dans le souq Hamidye et ces pois de lumière qui tombent en dansant depuis la galerie couvrante...







Je suis allee à Hama le week-end avec Silva, nous avons rencontre un peintre qui fait vivre, sur d'immenses toiles, le fantome brumeux de la vieille ville detruite et la plainte des norias, et le jeu du soleil qui plonge entre les herbes...








J'ai visite aussi Sayda Zaynab, le tombeau de la petite-fille du prophete, fille d'Ali, et personne sainte pour les chi'ites. J'ai rencontre la bas un vieil iraqien venu de Karbala en pelerinage, il repart demain. Beaucoup de ses compatriotes ont prefere rester a Sayda Zaynab - le souq de cette banlieue populaire de Damas est plein d'images a la gloire de Nasrallah et de t-shirts "fier d'etre irakien"...





Quant a moi je vis dans le quartier assez chic de Qussaa, quartier chretien plein de boutiques de fringues de la derniere mode pas encore descendue a Paris.

Thursday, August 09, 2007

De Seattle à Damas



avec tous ces deplacements en effet le titre de mon blog n'est plus tout a fait approprie, mais puisque j'ai tant d'assidus lecteurs j'ai prefere ne pas changer l'adresse de mes recits de voyage. J'ecris d'un cafe internet a Bab Touma, le vieux quartier de Damas. Je prends des cours d'arabe a l'universite de Damas, je suis au niveau avance maintenant ce qui me permet de lire la presse, un peu de litterature, et de deiscuter surtout. J'ai retrouve beaucoup de mes amis, et Tante Marie, ou Meme, ma grand-mere damascene. Je ne fais pas grand chose d'autre, sinon decouvrir les nouveaux cafes de Damas, et certains quartiers ou je n'avais jamais mis les pieds, comme Jaramaneh, une banlieue populaire ou vivent beaucoup de chretiens, mais aussi des palestiniens et des refugies iraquiens; beaucoup d'enfants qui jouent au foot (l'Iraq a gagne la coupe d'Asie, ce fut un jour de grande liesse populaire que j'ai malheureusement manque de quelques jours), de boutiques, de banderoles officielles ou annoncant la venue prochaine des plus grandes stars de la chanson arabe; un mariage aussi, avec la mariee scintillante de mille feux dans une voiture facon ancienne, un peu retapee avec des planches de bois et decoree de rubans blancs, et les voisins au balcon.
Damas n'a pas beaucoup change, quelques constructions de plus seulement; mais j'ai l'impression qu'il y a de plus en plus de monde, une circulation de plus en plus chaotique, il faut dire qu'il y a plus d'un million de refugies iraquiens en Syrie: on s'en rend compte rien qu'a voir les prix des logements qui ont plus que double par rapport a mon dernier sejour, il y a deux ans.
J'ecris beaucoup, sur les petites choses du quotidien, les nouveaux systemes de file d'attente dans les banques avec des tickets et une voix enregistree qui appelle les clients en arabe et en anglais; l'absence de systeme dans la gare routiere de Damas qui est une veritable foire d'empoigne ou il serait impossible de trouver son bus s'il n'y avait ces rabatteurs criant le nom des destinations ("Homs, Homs!", "Halab, Halab" etc). La vie quotidienne qui repose enormement sur les ressources annexes, celles dont on est fier (le fils emigre au Canada)et celles qu'on ne dit pas. Sur la famille et les reseaux de voisins. Sur les reves rose et bleus diffuses par les chaines de clips musicaux. Sur l'espoir d'une justice extra-mondaine psalmodie dans les radios et les hauts-parleurs. Sur la douceur du parfum du jasmin qui, le soir, recouvre tendrement les tumultes de la ville.

(photo: la mosquee des Omeyyades, le lieu que je préfère à Damas)

Sunday, July 01, 2007

boucler la boucle -Seattle


Retour a Seatte. J'ai montre le campus de l'universite a Sofien: tiens, une bonne occasion de compenser pour les critiques contre le systeme americain. L'universite, voila une bonne raison d'aimer ce pays. Extraordinaires. C'est vrai qu'ils ont beaucoup plus d'argent que les universites francaises, que les eleves doivent payer etc. Mais comment ne pas admirer ces campus qui donnent vraiment des moyens a l'enseignement et a la recherche- meme Sofien a ete impressionne par cette bibliotheque qui ressemble a une cathedrale, et quand je l'ai emmene faire du canoe sur le lac, au centre sportif de l'universite, il est vraiment devenu vert de jalousie !

Le soir, nous avons dine avec des amis: Arnaud qui etait prof avec moi au departement de francais, etudiant de Montpellier qui aime la bonne cuisine francaise et nous a fait un delicieux confit de canard que sa maman lui avait envoye ; Mario, son coloc Mexicain-Americain qui a rebaptise la maison "Romantic Restaurant House"; et Danielle et John.
Le lendemain nous avions decide de nous lever tot, ce qui fut un peu difficile avec le poids du canard et du vin que nous avions verse par dessus - mais nous avions decide d'aller au San Juan Islands. Ce sont des iles au nord de Seattle, a la frontiere avec le Canada, il faut prendre le ferry et tout... mais cela vaut la peine car les iles beneficient d'un micro-climat et n'ont qu'un tiers de la pluie de Seattle ! Bon il a un peu plu quand meme, juste assez pour avoir un bel arc-en-ciel sur le bateau. Nous avions embarque des velos avec nous, et Mario, ce qui faisait une joyeuse equipee.

Et pour finir ce voyage j'ai emmene Sofien sur les collines de Queen Ann pour avoir une belle vue de Seattle illuminee par soleil.

vacances-Oregon / parenthese sur les prisons, encore et les predateurs sexuels /


Donc je continue mon recit, toujours sans accents parce que le nouvel ordinateur que j'ai achete a Portland pour la moitie de son prix en France (pas de TVA en Oregon..) a un stupide clavier qwerty donc pas d'accents, pas de cedille, pas de e dans l'o et toutes ces raffineries esthetiques qui rendent la langue française si sophistiquee... Je vous ecris de chez ma copine Amel a Seattle, en écoutant Simon Shahin, extraordinaire joueur de luth - le soleil vient de se coucher sur Seattle, il règne une joyeuse odeur de fleurs s'épanouissant a la chaleur de juillet, et l'on apercoit la silhouette des montagnes (North Cascades) a l'horizon.
Le voyage donc. Apres Crater Lake, Sofien et moi sommes partis vers le nord. Il etait trop tard pour pousser jusqu'a Portand, d'autant que nous n'avions aucun logement de prevu, donc nous avons decide d'aller vers la cote, et nous nous sommes arretes dans un joli camping a Corvallis - j'etais un peu hesitante... il s'agissait d'un camping d'habitation plutot que d'un camping de vacances. Imaginez des touristes americains qui voudraient camper dans les terrains de caravanes de gitans en banlieue parisienne... Mais finalement cela n'avait rien d'un camping de gitans, c'etait plutot cosy, avec une jolie salle de bains tapissee de moquette et des bibelots coquets dans les toilettes.. . Le lendemain matin, nous sommes alles a Newport,un joli petit port de pecheurs sur la cote, puis nous avons continue jusqu'a Tillamook (photo - oui le gars jou au golf sur la plage...)

Portland donc. Comme nous n'etions pas tres bien organises nous sommes arrives sans reservation et sans solution alternative, et evidemment tout etait complet. Pas de probleme, nous avons repris la voiture avec la tente, un poulet roti a Safeway, et nous sommes partis dans la vallee de la Columbia River, a une demi-heure de Portland. Une journee de plus dans la nature avant de retrouver la civilisation urbaine (photo: les chutes de Multnomah).
Portland est une tres jolie ville, et surtout un paradis pour faire des achats, qu'il s'agisse d'ordinateurs (royaume de la Pomme), de CD (d'occas'), ou de livres: Powell's est la plus grande librairie independante des Etats-Unis, imaginez toutes les librairies du boulevard Saint-Michel en une! Comme ces paradis sont aussi pour moi des lieux de perdition (financierement parlant), je me suis limitee a l'achat de deux romans (catch-22, ne sorte de must ici, que tout le monde a lu apparemment, et 'One year in the merde', experience d'un British a Paris, le titre en dit long sur ce qu'il a pense de notre belle capitale !), et au rayon "prisons", parce qu'il faut que je me mette serieusement a lire sur le sujet... ne serait-ce que pour pouvoir comprendre la fascination de ce pays pour les prisons. Il y a un nombre incroyable de programmes televises sur le sujet: documentaires, fictions (Oz, Prison Break), ou melange des deux avec des documentaires choc mettant en scene les "pires criminels" des Etats-Unis dans des prisons de haute securite qui sont en meme temps des coupe-gorge ou le personnel doit toujours s'armer d'une combinaison de robocop pour se deplacer dans la prison.
Je ne comprends pas tres bien le commerce de la peur (souvent de mauvaise foi en plus), ni qui en profite exactement (les prisons ne sont pas si privatisees que ca, le taux de criminalite pas si eleve - hormis les homicides et les tueries spectaculaires, mais bon dans un pays ou les armes et les anti-depresseurs sont aussi facilement accessibles, ce n'est pas si etonnant - et surtout coutent tres cher au contribuable). Nous avons vu un de ces reportages a la tele avec des amis, a Seattle, montrant la prison de Saint Quentin, a San Francisco, replique exacte d'Alcatraz. Et sur une autre chaine, quasi en meme temps une emission de tele realite d'un nouveau genre: la traque de "predateurs sexuels" sur internet et leur denonciation publique a la television. Une equipe de tele se fait passer pour des petites filles ou petits garcons, entre 10 et 14 ans, rencontre des pervers sur e net, joue leur jeu pervers en proposant des rendez-vous (ce soir la c'etait "viens tout nu dans le garage de mes parents ") - on voit le "predateur sexuel" arriver et decouvrir qu'au lieu du petit garcon ou de la petite fille attendue c'est un homme au ton de pasteur, entoure de cameras, qui lui dit "what's wrong with you" et commence a analyser sa nature perverse sous l'oeil horrifie des telespectateurs. Je ne voudrais pas passer pour "soft on crime", mais mon impression etait surtout que ces sexual predators etaient de pauvres types, et que l'equipe de television etait tout aussi perverse que lui (j'espere qu'aucun enfant n'irait demander sur internet, a un homme qui dit etre un instit de 30 ans, de venir tout nu dans le garage de ses parents...). Je crois que conjointement au puritanisme americain (qui interdit aux moins de 16 ans les films ou l'on voit une fesse ou un bout de sein) il y a une sorte de surenchere sur les crimes sexuels: non seulement avec leur traduction en jeu televise, mais aussi avec leur extreme publicisation: la mise sur internet des coordonnees exactes des criminels (depuis les violeurs jusqu'aux amoureux collants qualifies de "stalkers")sur des sites du genre "votre voisin est-il un predateur sexuel", l'utilisation des liaisons extra-conjugales comme arme politique. Et, pour revenir a la prison, l'enfermement indetermine des criminels sexuels violents, et l'utilisation commune de l'accusation de "statutory rape" pour eloigner le petit copain encombrant (et majeur) de sa fille mineure (notez que l'equivalent francais, "detournement de mineur", ne sous-entend pas qu'il y a viol).
Bon retournons aux vacances apres ce detour...

Tuesday, June 26, 2007

6- ebauche de Crater Lake - et la suite


Apres toute cette route dans le nord de la Californie, nous sommes enfin arrives en Oregon, fatigues comme les pionniers, et surpris, comme eux, de la beaute des paysages. Nous n'avons pas trouve d'or mais un Cratere gele couleur lapis-lazuli, encore borde de neige... C'est le lac le plus profond des Etats-Unis, dans un cratere de 10km (?) de diametre, couleur ocre indigo. Je ne sais plus quand le volcan a explose, evacuant sa lave pour ciseler ce miroir gele, toute memoire se perd dans ces profondeurs bleues.
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Comme j'arrive a la fin de mon heure gratuite d'internet dans la bibliotheque publique de Portland, je vais arreter la, de toutes facons vous avez de la lecture jusqu'a la prochaine fois. A venir:

- le trajet de la cote, de Corvallis a Tillamook
- les gorges de la Columbia River
- Portland
- Seattle et les San Juan Islands

5- Des arbres et des Indiens

Notre route nous a conduits a travers les magnifiques forets de sequoias, un peu transformees en parcs d'attractions comme je le racontais - nous avons forcement cede a la tentation du "drive-thru tree", un sequoia de 2400 ans dont le tronc est creuse de maniere a laisser passer une voiture. C'est amusant mais a regarder la majeste de l'arbre, apres, on se dit que, finalement, ce petit jeu c'est comme pisser sur une cathedrale. La route continuait a travers la foret d'arbres millenaires, sages geants toujours verts.
Apres un petit arret sur la cote a Eureka - comme quoi les pionniers cultivaient leurs humanites - nous avons pris une jolie route (longue encore...) qui longeait une vallee et traversait une reserve indienne - comme quoi les pionniers lettres n'etaient pas forcement les plus humanistes. Rien a voir. Mais ce rien est, d'une certaine facon, une experience interessante. J'ai demande a une passante, un peu naivement, ce que cela signifiait d'etre dans une reserve indienne, qu'est-ce qui changeait par rapport a l'autre ville. Elle m'a dit que la terre leur a ete allouee par l'Etat en dix-huit cents quelquechose, avec tout ce qu'il leur fallait pour vivre confrotablemetn: route, eau, electricite, ecoles... Ils sont quelques centaines dans la reserve (nous avons en effet vue peu de maisons), avec une ecole et deux mini-marches, ils ont leur propre police et leur "office tribal" qui s'occupe des questions politiques et religieuses. Au milieu du rien-a-voir, ce qui m'a le plus etonnee etait le cimetiere: non pas le nombre de croix, j'imaginais bien qu'un certain nombre d'indiens avaient ete evangelises, mais le nombre de drapeau americains... je ne les imaginais pas si patriotes...

4- retour a San Francisco

- et bonne douche chaude a l'hotel ! Je posterai des photos la prochaine fois, inch'allah, pour que vous appreciiez la beaute des maisons victoriennes de San Francisco. Un petit gout amer toutefois de cette derniere journee a SF: pendant que nous visitions les boutiques de Ashbury-Haight, l'ancien quartier hippie, nous avons recu une belle prune. J'etais furieuse, d'autant plus que lorsque nous sommes arrives a la voiture, le parcmetre affichait toujours vert ! Mais impossible de contester quoi que ce soit. J'ai trouve un flic un peu grassouillet qui paissait paisiblement son chewing-gum un peu plus loin dans la rue, et il m'a dit, pas tres cooperatif, qu'il fallait aller je ne sais ou pour contester et qu'il ne pouvait rien faire. Du coup notre seule envie etait de sortir de la ville ou le stationnement est decidement impossible ( un nombre incroyable de conditions: stationnement 30mn, ou stationnement interdit entre 8h et 11h, ou entre 2h et 6h, ou stationnement reserve aux camions.. chaque place a une regle particuliere, les pervenches sont dopees a l'EPO, et la fourriere n'est jamais bien loin - on apprend bien vite ce que "tow away" veut dire !)- bon venant de Paris je ne vais pas trop me plaindre, j'imagine que les Americains en voiture a Paris font le meme type de commentaire. Mais a velo a Paris je n'ai pas de probleme de stationnement...
Donc agaces par ces trivialites urbaines, Sofien et moi avons quitte SF, laissant nos compagnons de voyage derriere nous, Cody reparti a Seattle, et nos Danois allant vers le sud.
\Nous avons pris une jolie route (un peu longue toutefois) vers la cote, en passant par Stinson beach, en remontant vers le nord de la Californie. Passe la nuit dans un motel, la vraie experience du road trip...

vacances 3: Yosemite


.. tout un periple. Il faudrait vous raconter comment nous avons emmene un petit papillon coince dans le pare-brise depuis les routes de l'Oregon, jusque dans l'un des plus beaux parcs des Etats-Unis, ou "little moth" a pu retrouver la nature sauvage. D'autant que pour eviter les hordes de touristes et leurs autocars (attention, je ne parle meme pas des cars de touristes pour voyages en groupes, mais des especes de caravanes de la taille d'un bus hyper en vogue ici, sous le nom delicieux de "RV" - prononcer "arvee")nous sommes alles vers les prairies de Tuolomne, a l'Est du parc, et nous avons randonne parmi les ours (ouf, nous n'en avons pas croise..) et les moustiques (eux par contre nous ont reperes) pendant trois jours, sac sur le dos, avec boite a ours (pour ranger la nourriture) et anti-moustique, appareil photo et grand sourire (un peu fatigue tout de meme...).
Comment decrire la beaute des paysages ? de hautes montagnes de granit gris, des forets de sapins, des rivieres devalant dans des prairies verdoyantes, des biches et des marmottes qui nous regardent passer, mi-amusees, mi-posant pour la photo. La neige qui fond en torrents et les piscines d'eau claire ou nous nous sommes baignes - et l'envie parfois d'etre un ours jouissant paisiblement de ces grandes etendues sauvages...

Sunday, June 17, 2007

vacances 2: San Francisco


Nous sommes arrives sur le Golden Gate Bridge en ecoutant Eliott Smith et en maudissant la brume. Il fait bien plus froid ici qu'a Seattle ! Apres avoir recupere Sofien, promenade dans les quartiers animes de la ville et jusqu'au port, ou nous avons mange la specialite locale, "Clam Chowder": c' est une sorte de soupe de coquilles saint jacques dans un pain rond evide - delicieux meme pour moi qui ne susi pas fana de bechamel - puis nous avons trouve un "Musee Mecanique" (en francais dans le texte) et avons joue sur des machines de foire du debut du siecle pendant une bonne heure. Puis une petite biere dans un bar tres colore et un peu trop anime, un burrito pour sofien qui decouvre l'equivalent local du grec, et dodo.
Le lendemain matin, nous avons traverse Chinatown au petit jour, pour arriver dans un autre quartier ou nous etions censes trouver le meilleur breakfast de SF. Malheureusement trop de touristes francais a SF, et trop de touristes francais avec le Routard, donc nous avons renonce, trouve un autre petit resto pour dejeuner, et fonce prendre le ferry pour Alcatraz.

Le Rocher etait un penitentier d'ou il etait repute impossible de s'echapper: petite ile dans la baie de SF, on pourrait croire qu'1 miles 1/2 (2km) c'est faisable, mais ce serait sans compter les courants geles fatals aux candidats a l'evasion. Trois detenus cependant n'ont jamais ete retrouves et on se demande toujours si ils ont survecu a la traversee... La visite est tres interessante, surtout pour moi qui me plonge dans le systeme carceral americain. On voit les cellules des detenus, les reglements de la prison, l'unite de "traitement" qui est la prison dans la prison pour les detenus desobeissants (sachant qu'Alcatraz elle-meme etait une prison federale destinee aux "pires" des detenus, les plus dangereux comme Al Capone, ou bien les plus violents); l'unite de traitement elle-meme a une "prison", le "trou", cellules d'isolement complet (solitary confinement)- systeme de poupees russes de l'univers disciplinaire...

La visite racontait Alcatraz du point de vue des detenus et des gardes. Mais, point interessant, tout etait presente comme relevant du passe, histoire ancienne d'un penitencier ferme en 1963 par le progressiste Robert Kennedy a l'heure ou le mot d'ordre de la prison etait rehabilitation. Mmm... la Californie est l'Etat des USA qui compte la plus importante population carcerale, en nombre comme en proportion de la population. Les prisons prosperent plus rapidement que les ecoles, et le modele domiant est celui de la prison de haute securite: securite pour la population (prison dans le desert, empechant toute evasion), securite du personnel (evitement des contacts avec detenus et utilisation de technologie, par exemple ouverture automatique des portes), securite des detenus (evitemetn des contacts entre detenus). Dans ce tout securitaire du systeme punitif, rien ne reste des ideaux de rehabilitation et de resocialisation; le mot d'ordre est la mise a l'ecart, pour des durees sans commune mesure avec ce qui est pratique en Europe: la "three strikes law" par exemple prevoit la prison a perpetuite sans possibilite de liberation conditionnelle pour toute personne condamnee pour une troisieme "felony" (du meurtre au simple vol ou a l'usage de drogue).
- Mais il est vrai qu'a San Francisco on est loin de tout ca: ville cool et tolerante, on n'a pas l'impression d'etre sur les terres de Schwarzenegger...

vacances 1: Oregon et Californie du Nord

Voila, j'ai fini mes cours, ceux que je donne, ceux que je prends. J' ai regle les questions administratives et les projets de recherche pour l'an prochain (j' ai un plan interessant pour etre "research assistant" sur un projet d' evaluation des programmes de "resocialisation" dans les deux pires penitenciers de l' Etat). Me voila donc partie sur les routes, avec mon cheri et deux Danois pris en passant - en fait l'un etait mon coloc et l' autre son copain venu lui rendre visite. Nous sommes descendus tous les quatre vers la Californie, en passant par l'Oregon, Etat d'entre les deux, ou il fait plus beau que dans le Washington et plus vert qu'en Californie. Cody a un ami la bas, qui apres avoir passe deux ans a Munich et apres avoir fini sa maitrise sur la philosophie allemande a deide qu'il en avait marre de la vie sauvage, et il est parti jouer les Robinsons dans une montagne au milieu de nulle part, un petit paradis ou il construit sa maison, cultive son jardin, et passe des soirees au bord de la riviere avec ses copains. Nous avons fait avec lui les barbecues les plus merveilleux, et il nous a construit une "sweatlodge", sauna indien fait d' un tipi (structure en bois, baches et couvertures), dans lequel on met des pierres bouillantes (restees deux heures dans le feu), et on verse de l' eau dessus pour faire de la vapeur. Quand on a bien transpire, on plonge dans la riviere.
Nous avons vu aussi l' Ocean, nomme "Pacifique" pour conjurer ses rigueurs - tout le contraire d'une mer calme: terriblement glace et venteux. Mais sublime.
Il a fallu rapidement descendre vers le sud, pour arriver a temps pour recuperer mon frerot: Sofien arrivait a San Francisco samedi midi. Nous avons donc repris la route, traverse des forets impressionnantes d'immenses sequoias - forets qui perdent un peu de leur magie avec le nombre de parcs a themes (Mystery Wood, Big Foot, Enchanted Forest etc) qui s'egrenent le long de la route - secretions de hippies convertis au capitalisme.
Soudain sans qu'on s'apercoive tres bien de la limite climatique, les forets de sequoias laissent place a des plaines mediterraneennes, collines d'herbe jaunie et arbustes chantant au soleil...

Sunday, May 27, 2007

Le Printemps à Seattle – et Bamako.

C’est un moment fabuleux ou désespérant, selon les jours. Il fait froid, il pleut, et puis tout d’un coup le ciel est radieux et le soleil fait chanter la nature sous ses rayons – si beau qu’on en devient amnésique (ah bon, il pleuvait hier ? ah oui tiens…). Les étudiants se promènent en shorts et en petite robe, lisent sur les pelouses du campus, jouent au frisbee ou à des trucs plus originaux (monocycle, pyramides humaines) ce qui donne un petit air de cirque au campus… Les « fraternities », ces maisons à fronton grec dans lesquelles vivent des hordes de fils à papa (et de filles à maman, dans les « sororities ») tout excités d’échapper à la tutelle parentale et qui se perdent dans les beuveries le soir, s’ouvrent et se mettent à exposer leurs barbecues, beach-volley, cinéma en plein air (oui, oui, comme quoi le grand mur blanc de la façade, ça sert à quelque chose) !
Et puis la semaine suivante on paie ces quelques jours (heures…) de beau temps… pluie, froid, on ressort les manteaux et imperméables, et on déprime à voir ce ciel gris - qui va pourtant finalement nous permettre de travailler sérieusement et préparer les examens qui approchent.

Mais le Printemps c’est aussi la saison des festivals. Street Fair – sorte de fête de rue, avec plein d’artisan locaux et de stands de bouffe en tout genre (j’y ai découvert les oreilles d’éléphant, version américaine de la crêpe… enfin, une crêpe de cowboy quoi, un beignet de 10cm d’épaisseur, bien gras et saupoudré de sucre+cannelle). Folklife, festival de musique folk et musiques du monde, gratuit, au cœur de la ville. C’était pour moi l’occasion de découvrir un nouveau visage de Seattle : les jeunes grunge qui perpétuent la mémoire de Nirvana, et les vieux hippies qui retrouvent leurs jeunes années en dansant comme des petits fous sur les rythmes africains, sur le groove hawaïen, ou encore la musique irlandaise ; et puis les vieux activistes qui retrouvent l’âme de Joan Baez en fredonnant sur la pelouse…

Enfin, le printemps c’est aussi la saison du festival international de cinéma – un événement extraordinaire, des centaines de films présentés. Regardez le site internet, il est chouette. J’ai vu dimanche soir le film Bamako (je ne sais pas si c’est sorti en France ?) c’est le procès de la société civile africaine contre les institutions financières internationales, procès qui se tient dans la cour très colorée d’une maison africaine où passent toute sorte de gens, la fille qui chante, le malade qui se meurt, la matrone qui teint des tissus, les enfants avec leurs jouets en plastique qui couinent, les policiers corrompus, les avocats, et le peuple réuni dans l’audience ; les tirades sont parfois longues, témoignages contre les politiques économiques désastreuses imposées à l’Afrique, et en faveur de l’annulation de la dette. Mais le spectateur doit faire l’effort d’écouter ceux qui, pour une fois, prennent la parole en leur propre nom. C’est un film résolument militant mais qui ne perd pas de vue l’esthétique cinématographique, et évite résolument le misérabilisme dans son portrait coloré du Mali.
(nb- la mise en page est trompeuse mais la photo correspond au festival folklife: ce sont des musiciens ghanéens. Certes c'est aussi l'Afrique mais ne mélangeons pas tout...)

Sunday, May 13, 2007

ethnomusicology concert


Les élèves du grand Pr de Dhrupad, chant multicentenaire de l'Inde du Nord. Je ne suis pas encore assez douée pour mettre les vidéos sur ce truc, mais vous vous satisferez d'une photo, jusqu'à ce que j'arrive à importer le chanteur bouclé jusqu'en France...